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[Anglais / Culture & Patrimoine] Sortie pédagogique immersive

Vestiges envahis par la végétation, anciens sites industriels, installations portuaires oubliées… À travers une sortie pédagogique immersive, les élèves de Première du lycée Y. BAMANA sont partis à la découverte du patrimoine sucrier de Mayotte. Une exploration du territoire qui éclaire les transformations économiques et sociales de l’île au XIXe siècle, tout en interrogeant les héritages encore visibles dans les paysages d’aujourd’hui.

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Les élèves de Première du lycée Y. BAMANA ont participé, lundi dernier, à une sortie pédagogique immersive à la découverte de plusieurs lieux emblématiques : un ancien site sucrier de Soulou, le séchoir à coprah de Mtsamamoudji, puis le débarcadère de l’usine sucrière dans la baie de Soulou. Une véritable exploration du territoire et de sa mémoire, qui leur a permis de mieux saisir comment la culture de la canne à sucre a profondément transformé les paysages et les activités de Mayotte au XIXe siècle.

Cette sortie s’inscrit dans le programme d’Histoire consacré à la colonisation, ainsi que dans un projet pédagogique en anglais. Elle a été rendue possible grâce à l’implication de l’équipe enseignante et au soutien de l’association Naturalistes, environnement et patrimoine de Mayotte, qui a mis à disposition un bus, un guide et un support documentaire ayant largement contribué à la préparation de cette visite.

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Les élèves à l’écoute du guide.

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Un territoire façonné par l’histoire sucrière

Pour comprendre l’origine de ces installations, il faut remonter au 25 avril 1841, date à laquelle le sultan Andriantsouli signe un traité avec le commandant Passot. L’île entre alors dans une nouvelle phase de son histoire, marquée notamment par le développement d’une économie tournée vers la culture de la canne à sucre. Dès le milieu du XIXe siècle, l’organisation du territoire évolue : des terres sont attribuées pour l’exploitation agricole et plusieurs usines sucrières voient le jour.

À partir des années 1850, de nouveaux acteurs économiques s’intéressent à ces terres et à leur potentiel agricole. Des investisseurs venus de différents horizons s’installent et développent des plantations, transformant progressivement les paysages de l’île.

Mais l’implantation de cette activité est loin d’être simple. Les exploitations doivent faire face à une végétation dense, à un climat parfois destructeur — comme lors du cyclone de 1848 —, à des maladies encore mal comprises, ainsi qu’à des difficultés techniques et matérielles fréquentes. L’organisation du travail repose sur une main-d’œuvre souvent précaire, soumise à des conditions difficiles, ce qui limite les rendements et complique le fonctionnement des exploitations.

Malgré ces contraintes, certaines structures parviennent à moderniser leurs équipements et à accroître leur production. Au fil des décennies, les plantations s’étendent dans de nombreuses vallées de l’île — Koungou, Longoni, Loujani, Cavani, Coconi, Kangani ou encore Mirereni — jusqu’à couvrir près d’un tiers du territoire mahorais dans les années 1860.

La production sucrière atteint alors son niveau le plus élevé à la fin du XIXe siècle, avec 3 400 tonnes produites en 1869 et plus de 5 000 tonnes en 1890.

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Les élèves devant ce qu’il reste du débarcadère.
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Les vestiges du débarcadère.

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Un essor fragile puis un déclin progressif

Cet essor reste cependant fragile. Le manque d’équipements modernes, l’insuffisance de main-d’œuvre et l’absence de certaines pratiques agricoles limitent la productivité. À cela s’ajoute la concurrence croissante du sucre de betterave produit en métropole, qui fait chuter les prix sur les marchés internationaux et fragilise l’économie locale.

Peu à peu, les usines ferment les unes après les autres. De quinze établissements en activité en 1885, il n’en reste plus que six en 1901. La fermeture de l’usine de Dembéni marque alors la fin d’une période. Au début du XXe siècle, seules Combani et Dzoumogné poursuivent encore la production. La dernière cessera son activité en 1955, mettant définitivement un terme à l’aventure sucrière industrielle de Mayotte.

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Un patrimoine à préserver et à transmettre

Aujourd’hui, les anciennes sucreries constituent de précieux témoins de l’histoire de l’île. Elles racontent les transformations du territoire, les évolutions économiques, mais aussi les réalités sociales d’une époque révolue. Certains sites, comme celui de Hajangoua à Dembéni, bénéficient désormais d’une protection au titre des monuments historiques.

La sortie organisée par le lycée s’inscrit pleinement dans cette dynamique de découverte et de transmission. En parcourant ces lieux chargés de mémoire, les élèves apprennent à lire les paysages autrement, à comprendre les héritages du passé et à mesurer l’importance de préserver ce patrimoine pour les générations futures.

Une manière concrète et vivante d’explorer l’histoire de Mayotte… en marchant sur les traces visibles de ceux qui ont façonné son territoire.

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Auteur : Mise à jour le jeudi 12 février 2026

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